La révolution digitale modifie en profondeur l’Environnement de Travail. Elle bouleverse tout : le rôle du manager, la façon d’organiser le travail et les lieux de travail.

Gilbert Blaise, Président de l’ARSEG, Association des directeurs et Responsables Services Généraux, et Directeur délégué de l’environnement de travail de SNCF nous parle des changements et de leurs impacts.

Quels sont les nouveaux défis des Services généraux ?

L’assimilation des grappes digitales a un impact sur les organisations et les méthodes de travail. Cela se traduit concrètement par l’explosion des demandes de télétravail, un changement des modes de management, le recours à des tiers-lieux ou encore une mobilité de tous les professionnels. Tous ces nouveaux défis ont pour source originelle la réduction des coûts du poste de travail et des m² par poste.

Ils touchent aussi la qualité de vie au travail (bien-être individuel et bien-vivre ensemble). Les bureaux partagés par exemple présentent de nombreux avantages, mais doivent être à taille humaine et adaptés à l’activité de l’entreprise.

Ces tendances impactent-elles le rôle et les missions des DET ?

Oui, nous sommes dans l’obligation d’investir dans la conduite du changement. Les DET étaient auparavant plutôt dans l’exécution. Ils deviennent aujourd’hui acteurs et prescripteurs.

Notre rôle est de résister aux exigences des fonctions Gestion qui veulent transformer nos métiers en missions de reporting. C’est « l’infobésité, l’obsession de mesure ou la quantophrénie » dont parle Jean-Louis Le Moigne, professeur de sciences des systèmes à l’Université d’Aix Marseille III.

Les DET ont un rôle sociétal dans l’entreprise, ils doivent gérer les équilibres.

Comment les DET peuvent-ils les relever ?

Ils doivent se doter de nouveaux outils informatiques et de nouveaux collaborateurs, rechercher des alliances internes… faire en sorte de fédérer tous les autres métiers supports.

Existe-t-il des formations pour anticiper ou se mettre à niveau ?

Le monde de l’enseignement a conscience de ces changements. Les universités et les écoles développent des masters et des modules adaptés. L’ARSEG oriente aussi les professionnels vers des formations qualifiantes.

Quelles sont les principales missions de l’ARSEG ?

L’ARSEG met en relation les adhérents (DET) et les fournisseurs (entreprises). Elle collecte et fait connaitre les innovations du secteur. Elle édite différents outils pratiques comme les Buzzy Ratios, des livres blancs… et anime près de 100 débats thématiques par an.

Le secteur Environnement de Travail représente 1 million d’emplois non délocalisables et 114 milliards d’€ par an de budget géré.

Que proposez-vous à vos 2 000 adhérents ?

Deux salons professionnels (le salon des Achats et de l’Environnement de Travail à Paris et Workplace à Cannes), des clubs sectoriels (industrie, luxe, hôpital…)… Le dernier club créé porte sur la Prévention Santé et la qualité de vie au travail.

 

*Directeur de l’Environnement de Travail.

La qualité de vie au travail passe par la prévention Santé

 « 12 000 salariés meurent d’un arrêt cardiaque chaque année. Le taux de survie actuel en France est de 3%, contre 30% aux Etats-Unis. D’où l’importance d’enseigner les gestes de premier secours », commente Gilbert Blaise, président fondateur de l’association GHW Global Heart Watch, qui a pour but de collecter des fonds au profit de la recherche sur la mort subite de l’adulte par arrêt cardiaque et de former les salariés en entreprise.

www.globalheartwatch.org